Savoir lire une feuille de calcul, c’est utile. Mais savoir lire les émotions dans une pièce — un regard qui se baisse, une voix qui tremble, un souffle qui s’accélère — peut sauver une réunion, un projet, une coopération. Longtemps rangée au rayon des « soft skills », l’empathie s’impose aujourd’hui comme une compétence stratégique, pour les managers comme pour les collaborateurs. Bonne nouvelle : elle ne tombe pas du ciel, elle se pratique. C’est exactement le cap de cette formation.
L’empathie fait la différence entre une simple interaction et une relation professionnelle solide. Elle aide à comprendre les réactions d’un collègue, à désamorcer une tension avant qu’elle n’explose, à renforcer la cohésion et à élargir son seuil de tolérance. Mieux comprendre, c’est mieux coopérer — et, au passage, mieux décider.
"Empathie" vient du mot vient du grec, « à l’intérieur de ce qui est éprouvé », popularisé en 1873 par Robert Vischer puis Théodore Lipps. L’empathie n’est ni la sympathie, ni la compassion, ni l’altruisme, ni la contagion émotionnelle. Avec l’empathie, on perçoit et on comprend l’émotion de l’autre… sans la fusionner avec la sienne. Cette posture s’appuie sur trois temps forts : sortir de soi (adopter le point de vue d’autrui), identifier les émotions (repérer signes verbaux et non verbaux), comprendre les émotions (analyser les indices pour en déduire la cause). Vient ensuite la réponse empathique : aider à réguler une colère, sécuriser une peur, ou partager une joie — autant de façons d’honorer ce que l’on a perçu.
Elle présente plusieurs bénéfices. En effet, L’empathie vous aide à mieux connaître vos collègues, clarifie la communication et fluidifie le travail d’équipe. Cela permet également de se protéger des situations à risques. Moins de quiproquos, moins de conflits. On apprend des expériences du collectif pour éviter de répéter les mêmes erreurs et enfin l'empathie encourage l'ouverture d'esprit car elle accueille la différence et dope la créativité dans les équipes diversifiées.
Bonne nouvelle bonus : l'empathie s'apprend et se travaille à tout âge!
L’exercice commence par l’attention. On observe sans intrusivité et on pose des questions ouvertes — « Comment tu te sens ? » plutôt que « Ça va ? ». On explore plusieurs façons possibles d’interpréter une situation, au lieu de plaquer son propre scénario en mobilisant l’imagination plutôt que les jugements hâtifs. On pratique l’écoute active : reformuler le ressenti de l’autre pour valider qu’on a bien compris, puis avancer ensemble. Attention à la distinction entre ressenti, pensée et actions : : ce triptyque clarifie les échanges et évite les procès d’intention. Et l’on n’oublie pas l’auto-empathie : nommer ses propres émotions, tester des façons de les réguler, les partager quand c’est pertinent. Mieux on se lit, mieux on lit les autres.
Confondre empathie et contagion émotionnelle, c’est se perdre avec l’autre au lieu de l’aider. Juger les émotions d’autrui depuis ses seules références, c’est rétrécir la conversation au lieu de l’ouvrir. Réserver l’empathie aux « affinités », c’est la priver de sa force professionnelle. L’empathie n’est ni fusion, ni complaisance : c’est une posture de compréhension active, applicable dans toutes les interactions, y compris avec ceux qui ne nous ressemblent pas.
Dans un quotidien accéléré, parfois tendu, l’empathie sert de boussole. Elle maintient le lien, fluidifie les coopérations et, oui, améliore la performance. Ouvrir grand les yeux, les oreilles et l’esprit, ce n’est pas « être gentils », c’est être efficaces ensemble.


