Savoir exprimer ses besoins, poser ses limites et se faire respecter, tout en restant dans une communication respectueuse, relève d’un véritable art : l’assertivité. Loin d’être innée, cette compétence se développe et se renforce avec la pratique. En entreprise, elle devient un levier précieux pour créer un climat de confiance, fluidifier les échanges et prévenir les conflits.
Le terme « assertivité » vient de l’anglais assertiveness, littéralement « affirmation de soi ». Popularisé au début du XXe siècle par le psychologue Andrew Salter, il désigne la capacité à exprimer ses émotions, ses besoins ou ses opinions de manière claire, tout en respectant ceux des autres.
Contrairement aux réactions habituelles que sont l’agressivité, la passivité ou la manipulation, l’assertivité consiste à agir plutôt qu’à réagir, et à chercher le dialogue constructif. Elle peut se résumer par l’adage « ni hérisson, ni paillasson » : ni domination par la force, ni soumission silencieuse.
Adopter une posture assertive permet d’éviter les malentendus, de lever les non-dits et de construire des relations de qualité. Elle favorise la recherche de consensus, améliore la réputation professionnelle et renforce la crédibilité.
L’assertivité, c’est aussi apprendre à dire non avec tact, poser des limites claires et assumer ses convictions sans craindre le rejet.
Tout commence par la connaissance de soi. Identifier ses réactions naturelles face aux désaccords – qu’elles soient agressives, passives ou manipulatrices – permet d’ajuster son comportement.
Le respect est la deuxième pierre angulaire. Reconnaître la valeur de l’autre, écouter sincèrement et chercher un terrain d’entente sont essentiels.
La sincérité et l’authenticité viennent ensuite : exprimer clairement ses idées, tout en restant ouvert au dialogue et prêt à reconnaître ses torts.
Canaliser ses émotions est également crucial. Retrouver la sérénité avant de s’exprimer, éviter les réactions impulsives et rester attentif aux émotions de l’autre contribuent à des échanges plus constructifs.
Enfin, la clarté d’expression, verbale et non verbale, assure la cohérence du message. Un langage corporel aligné avec ses paroles renforce l’impact de la communication.
Deux écueils majeurs guettent ceux qui veulent pratiquer l’assertivité. Le premier : dire « oui » à tout, par peur de déplaire ou d’entrer en conflit. Le second : chercher à tout prix l’approbation d’autrui, au risque de s’éloigner de ses propres valeurs.
Être assertif, c’est agir en accord avec soi-même, même si cela implique de ne pas satisfaire toutes les attentes extérieures.
L’assertivité n’est pas une compétence réservée à quelques privilégiés. Elle se travaille et se renforce comme un muscle. En combinant respect, authenticité et maîtrise de ses émotions, chacun peut développer cette posture et transformer la qualité de ses relations professionnelles et personnelles.
Comme le disait Oscar Wilde, « soyez vous-même, les autres sont déjà pris » : un mantra parfait pour cultiver l’assertivité au quotidien.


